28/04

Le lendemain nous reprenons la route.
Dans une sorte de bazar typiquement grec, nous achetons deux matelas extrêmement fins mais parfaitement isolants.
Sur la route de Markopoulo, nous nous arrêtons à Vavrona dans un charmant petit marché. J’ai achète des yeux protecteurs et des fruits délicieux, que je n’avais encore jamais goûtés de la taille et la couleur d’un abricot, ce sont des nèfles, Mousmoula en grec.

Nous continuons la route jusqu’au cap Sounion où se trouve le temple de Poséidon.Face au bleu infini, devant la beauté majestueuse de ce temple, on comprend l’importance du dieu de la mer pour ce peuple de marins.

Nous prenons l’autoroute qui traverse Athènes entre deux énormes murs de béton. Tout comme la déesse Athéna, la ville n’est pas célébrée pour sa beauté mais pour son intelligence !

Nous passons le canal de Corinthe, puis, je prends le volant et vers Galatas. Le voyage est une véritable partie de plaisir, j’adore rouler sur cette route et observer mon ami qui tout en somnolant me donne les directions à suivre. Heureusement, car la signalétique grecque est assez subjective pour ne pas dire carrément absente. La route serpente joyeusement en montant progressivement. Je ne sais pas où je vais mais j’y vais le cœur content. Je n’aurais jamais cru pouvoir vivre de tels moments de bonheur. La route monte de plus en plus, je n’ai pas l’habitude des chemins pierreux et je cale devant une grosse pierre. Je cède la place à Christophe qui semble amusé par mon découragement face à l’obstacle. Je sens que nous nous rapprochons d’un lieu important pour lui, un lieu secret. Puisqu’il est secret, je ne peux pas dire où il se trouve si ce n’est près de Trizina et qu’il s’appelle le pont du diable, Sophie, ce n’est pas bien ! C’est là que Dionysios aurait rendu la vie à sa mère Sémélé, après qu’elle a été foudroyée par Zeus, son amant.

Héra, jalouse et déguisée en vieille voisine de bon conseil lui avait glissé à l’oreille, de demander à son amant, de lui révéler sa vraie nature.Ce qu’elle fit jusqu’à ce que Zeus, las de ses questionnements, lui montre enfin sa vraie nature, en la foudroyant. Il ne manquait pas d’humour. Un bon conseil mesdames : ne cherchez pas trop à connaître la vraie nature de votre amant. Je ne savais pas que son fils l’avait ramenée à la vie. Il faudra vérifier ce fait étrange, comme si les autres faits ne l’étaient pas!

Toujours est-il que l’endroit est vraiment propice au ressourcement. De magnifiques platanes orientaux protègent un espace mystérieux où s’écoule une merveilleuse petite source. La mythologie des familles : Fiona, Harry, Christopher et Sebastian ont pique-niqué à cet endroit. Sebastian était assis au bord du ravin et il est tombé dedans.

J’ai installé notre chambre encore plus bas, je ne tenais pas à renouveler l’expérience. En vérité, ce fut une des plus belles chambres de ma vie. Nous avons dormi sous un platane protecteur, les arbres nous protègent de l’humidité, ce que j’ignorais avant. Ma première nuit à la belle étoile depuis la nuit des temps ! Avec mon ami amant amoureux, dans le même sac de couchage. J’avais pris mon livre culte sur la Grèce : « Le roi des Montagnes » d’Edmond About. Et j’ai commencé à en faire la lecture à Christophe qui s’est rapidement endormi. Moi, j’étais aux anges même si en pleine nuit, le vent soufflait fort et que mes hanches me rappelaient que le sol était dur, ce qui avait pour effet de me faire bouger pour rééquilibrer le poids. Ce qui avait pour effet d’introduire le vent un peu partout, ce qui avait pour effet de refroidir Christophe qui n’avait qu’un caleçon très léger, mais très agréable au toucher, ce qui a eu comme effet de le faire ronchonner dans la nuit comme quoi il aurait dû prendre son sac habituel, et qu’en bougeant, je le réveillais sans arrêt. Christophe est un homme qui a toutes les qualités mais le manque de sommeil lui en fait perdre quelque unes. Nobody’s perfect.

A force de le câliner, les ronchonnements se sont transformés en murmures de plaisir. Et je me suis sentie moins coupable de l’empêcher de dormir.

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