27/04

J’arrive à Athènes à 16h30 avec la compagnie d’aviation Olympic air.

J’attends Christophe dont l’avion a du retard en buvant une bière et en regardant les Grecs autour de moi. C’est curieux l’aéroport d’Athènes me fait penser à celui de Zaventem, non loin de Bruxelles, que je viens de quitter, même gabarit, même style.

Christophe arrive, nous commençons à avoir l’habitude de nous retrouver dans des gares, ou des aéroports.

Une voiture nous emmène à la compagnie de location de voiture.

Nous repartons dans une Ford dont j’ai oublié le nom mais pas la couleur : aile de pigeon.

Nous remontons la côte Est de l’Attique. Au passage, Christophe me conduit sur le site du temple d’Artémis dans lequel sa mère Fiona, a participé aux fouilles archéologiques.

La Grèce c’est une histoire de famille.

Le site est fermé, mais qu’à cela ne tienne, Christophe saute prestement par-dessus les barreaux. Je le regarde avec admiration. J’hésite un peu mais à mon rythme, moins preste, je le suis.

Nous traversons une série de petites villes côtières qui bordent la côte Est : pas très représentatif de l’idée que l’on se fait de la Grèce mais néanmoins très agréable, j’ai l’impression de nager dans un rêve gréco américain.

Des palmiers mélancoliques faisant face à des maisons d’un modernisme déjà démodé et le doux clapotis de la mer achèvent de vous emmener dans un petit Malibu européen.

Dans la ville d’Artémis, nous arrivons devant l’hôtel Médusa où nous nous arrêtons, médusés.

Ambiance agréable de musique jazz (« Manish man » de Muddy Waters ) avec une vue sur la mer tellement proche que je me demande si tout cela est réel.

L’homme de la réception pensait que nous étions un couple gréco anglais.

Cela m’a flattée pour deux raisons : primo, les Grecs en général, aiment tout ce qui vient de Grèce, secundo, Christophe apprécie beaucoup les femmes Grecques, tertio, j’adore être prise pour ce que je ne suis pas juste et quarto juste pour le plaisir.

De son côté, Christophe a beau parler couramment grec, on le prend toujours pour un Anglais, ce qu’il est dans une certaine mesure mais pas complètement en vérité, les influences belgo, américano-germaniques se bousculent en lui pour créer un résultat assez britannique dans l’ensemble. Ses cheveux roux et son charme flegmatique le trahissent. Ce qui a pour effet secondaire d’étonner, de piquer la curiosité des Grecs : comment se fait-il qu’un anglais parle aussi bien notre langage ?

Christophe répondra avec une patience résignée à cette question durant tout le voyage.

Raconter son parcours est une forme de politesse quand on vient « d’ailleurs » et j’ai l’impression que les Grecs, peuple bienheureux, adorent raconter et écouter des histoires.

Pourquoi voyager si l’on ne raconte pas des histoires ? Pourquoi vivre si l’on ne voyage pas ?

Après avoir fait diverses emplettes nous nous cherchons un restaurant parmi ceux qui se succèdent le long du bord de mer.

Nous avons l’embarras du choix, ils sont tous vides. Va, pour le Delphini, conseillé par le patron du Médusa.

Je pense à ma sœur qui s’appelle Delphine, vive, intelligente et espiègle comme le dauphin.

Moi, je m’appelle Sophie, la sagesse. Je n’ai encore jamais visité aucun restaurant de ce nom. Dommage.

Ambiance marine. Christophe s’avance et se dirige après quelques phrases, vers les cuisines, je le suis.

Là, dans une abondance de casseroles et d’ustensiles, la cuisinière nous aborde un merveilleux sourire aux lèvres et soulève des tas de couvercles dont s’échappent des tourbillons de vapeur, je commence à saliver. L’ambiance en cuisine est nettement plus conviviale que celle de la salle désertique.

« Tiens, goûte cette soupe de poisson », « non, ces calamars n’ont pas été pêchés ici », « ça c’est d’aujourd’hui ». Christophe me traduisait au fur et à mesure et je n’en revenais pas d’entendre les restaurateurs parler aussi spontanément. Nous étions bien loin de notre Europe un peu guindée pour qui la cuisine comme les toilettes sont une affaire privée.

Nous prenons une soupe de poisson, une assiette d’espèces d’épinards, des rougets, des frites et un bon petit vin blanc frais pour faire passer le tout.

Ce menu avec de légères variantes se répètera tout au long du voyage.

Simple et délicieux.

Publicités